‹ Œuvres complètes de Michel de MontaigneChapitre 55 sur 297 · Voir la présente Étude, ch. v · texte numérisé non relu

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jeter sur les certitudes dont son esprit était meublé un profond désarroi,.et que le vide immense qu’il a produit dans sa conscience a déterminé chez lui la nostalgie de labsolut. Or, « cette certitude d'autrefois » n’est autre chose que la certitude stoïcienne, dont M. Villey, après l'avoir attribuée à Montaigne, a fini, nous l’avons vu, par reconnaître finalement lui-même qu’elle n'avait jamais existé dans son esprit. Puisqu’elle n’était qu’« une parure de bon ton », «une pose de cérémonie », «une couleur trompeuse », elle ne pouvait causer en effet, comme nous l'avons montré au chapitre précédent, en abandonnant la pensée de Montaigne, la moindre crise logique, ni morale. Le bouleversement pénible, la nostalgie de l’absolu’attribués à Montaigne sont donc chez ces deux commentateurs des créations de leur esprit?. Et nous croyons avoir renversé leur thèse, que la pensée philosophique de Montaigne aurait subi une évolution, soit qu’il s'agisse de stoïcisme et d’épicurisme, soit qu’il s'agisse du scepticisme ou du relativisme.

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