Essais, Il, vu
2. Essais, 1, xxvir : « C'est folie de rapporter le vrai et le faux au jugement de notre suffisance. »
8. « Qu'il faut sobrement se méler de juger des ordonnances divines. » Ce chapitre, ainsi que les chapitres xxvrr, xx1 txxur, a été composé en 1572-1573, d'après M. Villey lui-mème.
Quant aux « miracles », leur principal crédit, comme celui des « visions et des enchantements », vient «de la puissance de l'imagination agissant principalement contre les âmes vulgaires où il y a moins de résistance. On leur a si fortement saisi la créance, qu'ils pensent voir ce qu'ils ne voient pas! ».
L’essai XLvII du livre I enseigne aussi le doute méthodique, la nécessité de suspendre notre jugement, et l'obligation de ne conclure qu'après vérification?. C’est tout simplement l'esprit critique et la prudence scientifique.
Le chapitre I, xxr11 : De la Coustume, classé avec raison comme les précédents dans la première époque par M. Villey, est tout entier aussi relativiste. Et M. Villey est obligé de le reconnaître : « Au point de vue du jugement, dit-il, Montaigne se pénètre de ce sentiment que notre connaissance est relative. Toutes nos coutumes, toutes nos croyances, qui nous apparaissaient comme fondées en raison, comme sacrées et indiscutables, sont regardées comme des crimes et des absurdités par d’autres hommes, auxquels d’autres traditions ont fait une mentalité différente de la nôtre. Eux aussi, ils ont leurs coutumes et leurs croyances indiscutables qui nous semblent, à nous, révoltantes ou ridicules. Il n’y a donc pas de morale absolues. »
Montaigne, sur ce point capital, n’a donc jamais varié, et il faut appliquer aux Essais de toutes les époques, aussi bien à ceux de 1572-1573 qu’à ceux de 1576- 1578, de 1578-1580, et qu’à ceux de 1588-1592, cette conclusion que M. Villey n’applique qu'aux Essais de 1576-1578 et des époques suivantes : « Pour Mon-