P. Vizey, Monlaigne (chez Plon), p
2. LAMARTINE, Les Confidences (édit. Furne), p. 263-264 et 561.
et au péril de sa vie un livre « consubstantiel » avec lui, pour les débarrasser des grands maux dont ils souffrent, et qui a atteint partiellement son but! Ces paroles de Lamartine sont de vaines déclamations, que Von pourrait même prendre pour peu sincères, si on ne préférait croire à une perte complète de mémoire, quelque extraordinaire qu’elle paraisse. Lamartine, en effet, dans ses Lettres (de 18009 à 1811) à Virieux, à l’âge deisa vingtième année, lui écrit que Montaigne est « un beau caractère, un cœur délicat et fin... Je ne le quitte pas; il estsur ma table, toujours ouvert, il est sur ma cheminée, dans ma poche... Rien ne lui échappe, de tout ce qu’une belle âme, un esprit simple peut sentir de beau, de doux, de tendre, de naïf ». On ne saurait être plus enthousiaste, assurément. Lamartine avait bien le droit de changer d’avis sur Montaigne, mais s’il n'avait pas voulu laisser à son lecteur l'impression inexacte qu'il n'avait jamais apprécié Montaigne, il aurait dit dans les Confidences, publiées en 1840, qu'après Pavoir mésestimé pendant ses études de collège, il lavait beaucoup aimé de 18009 à 1811, alors qu'il se borne à y protester avec force contre son scepticisme qu’il considère comme nuisible.