À. DESJARDINS, 0. cit
nt: SRE. disait
passage que nous venons de citer sur l'accès si plaisant et si accueillant de la vertu? Il conseille à l’éducateur « de’ présenter à son élève, quand il commence à se sentir, Bradamante ou Angélique pour maîtresses à jouir ». Et une page après : « Si ce disciple se rencontre de si diverse condition, qu’il aime mieux ouir une fable que la narration d’un beau voyage ou un sage propos; que quand il entendra le son du tambourin qui anime la jeune ardeur deses compagnons, il se détourne à un autre qui l'appelle au jeu des batteleurs; qui, par souhait, ne trouve plus plaisant et plus doux revenir poudreux d’un combat que de la paume ou du bal avec le prix de cet exercice, je n’y trouve autre remède, sinon que de bonne heure son gouverneur l’étrangle, s’il est sans témoin‘. » Il est impossible de ne pas voir dans de pareils morceaux un Montaigne qui a voulu, débordant sa mesure et toute sa réserve habituelle, procurer à son imagination une débauche d’esprit.
Il ne faudrait cependant pas confondre les nombreux passages où Montaigne se livre à son humour et où il envisage les aspects plaisants et fantaisistes de la vie, avec ce qui paraît être, au premier abord, un fléchissement vis-à-vis de la morale.
A côté des splendides morceaux sur la vertu et sur les joies de la conscience, se rencontrent assez souvent des pages où Montaigne nous apprend combien fermement il tient aux biens de la vie, aux plaisirs, qu’il cherche à se les assurer, et que si les passions auxquelles nous permettons de nous dominer peuvent nous rendre malheureux, combien de passions modérées que Jon sait régler peuvent contribuer au bonheur.
Toutefois, cette recherche du plaisirraisonnable, étant presque toujours accompagnée de la mesure imposée