‹ uvres complètes de Millevoye (volume 2)Chapitre 106 sur 188 · LE CHEF DES GARDES · texte numérisé non relu

LE CHEF DES GARDES

Si j'en crois les rapports, on a vu Conrad in , Escorté de soldats et le glaive à la main , Courir vers les remparts en jurant la vengeance. On dit que sur ses pas il conduisait Ernance.

CHARLES

Procida les servait ! O rage ! ô désespoir ! Trahi par mes soldats ! l'aurais-je pu prévoir ? Eux dont rien n'ébranlait le courage fidèle !..". Il est temps d'affranchir ceux de la citadelle.

{^Au chef de^ gardes .\ Volez vers Adimar , que par eux secondé 11 rouvre le passage obstinément gardé ; Qu'on cherche Conradin, qu'à l'instant il périsse, Et que tombe avec lui Procida, son complice.

iga CONRADIN.

LECHEFDESGARDES.

J'obéirai , seigneur.

CHARLES

J'étais prêt à frapper , Et je vois à mes mains la vengeance échapper ! Suis-je assez malheureux ! tant de mesures vaines î^'auraient-elles servi qu'à me forger des chaînes? S'il triomphe, je meurs. Hélas! qui me l'eût dit, Quand déjuges nouveaux j'achetais le crédit, Quand, d'un séditieux flétrissant la mémoire, Sur un peuple aveuglé j'assurais ma victoire ! Un juge , ( tous les maux sur moi devaient peser ; ) Un juge , à moi vendu , vient de se i-écuser : On vante son courage et sa vertu rigide. Tu parles de vertus, peuple ingrat et perfide, Qui, sur l'intérêt seul établissant tes droits. Trafiques lâchement du sceptre de tes rois ! Tu proclamais aussi ce Procida, ce traître!...

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