ACTE V, SCÈNE III
Ne pourrais-je échapper à leur haine trompée, Au secours de ma gloire appeler mon épée ?... Non ; ce dernier espoir venait en vain s'offrir. On dit que les tyrans ne savent pas mourir... Aurais-je été tyran ? le peuple m'en accuse. Mais lui-même en était et la cause et l'excuse. Ce qu'il nommait vengeance était pure équité. Impatient du frein de mon autorité , Sans cesse il provoquait ma justice suprême :
Il n'avait de tyran , d'ennemi que lui-même.
Charles ! est- tu bien sûr de ne point t'abuser ? Déplore tes erreurs, loin de les excuser; Crains que leur désaveu sur ton front ne retombe, Et dis la vérité sur les bords de la tombe.
La tombe ! avatit le temps je m'y vois descendu. Je suis seul , sans amis , sous ces voûtes perdu , Tandis que mes sujets ,^ près de choisir un maître.
aoo CONRADIN.
Déterminent mon sort, mon supplice pcut-ètro.
Adimar jusqu'à moi ne saurait parvenir:
Au seuil de ce séjour ils vont le retenir; Et je ne saurai rien du dessein qui s'apprête Qu'à la lueur du fer suspendu sur ma tète... On vient, c'est lui. Son front semble pâle d'effroi.