‹ uvres complètes de Millevoye (volume 2)Chapitre 114 sur 188 · ACTE V, SCENE IV. ao · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE IV. ao

Ernancc d'un regard ne ralentît son bras. Enfin la présentant à la troupe fidèle Dont le zèle inquiet s'empressait autour d'elle : « Peuple , a dit Conradin , je la confie à toi ; Je remets à tes soins l'épouse de ton roi. « A son Ernance alors les filles et les mères Tendent pour l'accueillir leurs mains hospitalières : On l'emporte tremblante et les cheveux épars. D'un côté , Procida convoque les vieillards ; De l'autre , ce Henri , prince de la Castille , Et ce Robert, jadis époux de votre fille, Se partagent entre eux les postes différents. , Près de la citadelle on redouble les rangs : Raymond retient captifs en cet étroit espace Ces braves dont le nombre est égal à l'audace. Privé de leurs secours, j'avais d'autres moyens : Je crus dès-lors pouvoir devant nos citoyens Du prince cnminel proclamer la sentence.

ao/, CONRADIN.

On s'indigne i on murmure, on me force au silence. Deux partis sont formés : on combat; mais le sort Dément notre espérance et trompe notre effort. C'en était fait. Bientôt survient votre message; Bientôt, parmi les morts me frayant un passage, Après de longs travaux , heureux quoique tardifs, J'ouvre la citadelle à nos guerriers captifs. La victoire avec eux revoie à nos bannières ; Leursmains,qui si long-temps ont frémi prisonnières, Se vengent de l'affront fait à leur liberté. Les factieux, gagnant le rivage écarté, Laissent entre eux et nous un intervalle immense. • On court, on les atteint: le combat recommence; La mort renaît. Les cris, les plaintes, les sanglots. Se mêlent au tumulte et du fer et des flots. Par des débris humains en sa course arrêtée, La vague loin des Lords retourne ensanglantée. Blessé, mais affrontant les plus terribles coups,

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