SCENE PREMIERE
SIARRA, seul
Arrêtons-nous ici... La fatigue m'accable : Je n'ai plus pour soutien que ma haine implacable. Fureurs de la vengeance , où m'avez-vous condilit? Vainement, avec moi se cachant dans la nuit. Une élite fidèle, à mes ordres soumise, Se vouait aux hasards de ma haute entreprise : Introduit par le glaive en ces murs dangereux ,
a38 UGOLIN.
Je survis presque seul à mon parti nombreux ; -^ Et, pâle, ensanglanté, dans le deuil des ténèbres, Je marche , poursuivi de mille cris funèbres. Assis sur cette pierre , attendons que le jour Ait du comte Ugolin éclairé le séjour.
Au danger qui me suit lui seul peut me soustraire... Mais il est Gibelin ; et moi , moi , téméraire î Je suis Guelfe... Eh ! qu'importe! ennemi juste et grand, Ugolin est l'ami de tout mortel souffrant : Ses vertus et son nom me rassurent d'avance. J'entends quelqu'un ; je vois un enfant qui s'avance. Demeurons. Pour un cœur qu'oppresse le tourment, L'aspect de l'innocence est un soulagement.