ACTE II, SCÈNE IV. aSi
Cette mort dont le bruit protège votre vie ? Voulez- vous au poignard confier vos desseins , Et ranger un héros parmi les assassins ?
SIARRA.
Je veux, aux champs du brave, en ennemi sincère , Provoquer dignement un indigne adversaire. S'abaissant jusqu'à lui , mon généreux courroux Lui réser--e l'honneur de tomber sous mes coups.
ir G O L I N.
Sa prudente valeur craint de se voir trompée ;
Il ne s'expose point au destin de l'épée. ,
Une autre arme est plus sûre en ses adroites mains;
C'est elle qui, servant ses projets inhumains,
A toute heure , en tous lieux , m'obsède sans relâche :
L'infâme calomnie est le glaive du lâche.
SIARRA.
Quoi! vous-même...
25a UGOLIN.
UGOLIW.
Il me hait. Ma perte est son espoir:
On pardonne le crime et non pas le pouvoir. Cette nuit , au conseil , son envieuse rage Me prodiguait encor la menace et l'outrage ; De trahir ma patrie il osait m'accuser !
SIARRA.
Qu'entends-je? A quels périls j'allais vous exposer ! Quoi ! déjà contre vous le perfide conspire ! Et s'il savait qu'ici par vos soins je respire , Quels seraient vos destins? J'en frémis. Non,seigneuT, Je n'abuserai point des vertus d'un grand cœur. Adieu, digne Ugolin; loin de vous je m'exile, Dussé^je ne trouver que la mort pour asyle.
Arrêter.
SIAFxRA.
Non, je pars; vos vœux sont superflus.