ACTE m, SCENE VIII
Le nom du meurtrier? Son nom ? que sous ce glaive Le traître...
LE SOLDAT
Jusqu'à moi son nom n'est point venu.
Des Guelfes révoltés c'est ce chef inconnu. Ce proscrit...
Lui! grand Dieu! lui! monstre sanguinaire, Je te donnais ma vie, et voilà mon salaire! Où vient de m'égarer une aveugle pitié? C'est le bourreau d'un fils que j'ai réfugié! Quoi! barbare! à l'instant où ma main abusée S'est unie à ta main de mon sang arrosée. J'ai pu te méconnaître ! Une subite horreur N'a point de ta présence averti ma fureur ! Mais du moins à mes coups unDieu vengeur t'amène; Ton odieuse vie appartient à ma haine.
Mon fils! apaise-toi.
LE SOLDAT
Des gardes, l'œil en pleurs, Apportent dans ces lieux cet objet de douleurs. Fuyez son triste aspect, fuyez.
UGOLIIÏ.
Je veux l'attendre.
Ugolin peut tout voir: il a pu tout entendre.
( Des soldats déposent au fond du théâtre le corps d'Eraldi, étendu sur un lit de mort, sans quil soit aperçu du spectateur. )
Soldats, éloignez-vous : qu'il me reste du moins
Le douloureux plaisir de pleurer sans témoins,