ACTE III, SCÈNE IX
Mon cher fils! attends-moi; ton pèie te rejoint. O mort! terrible mort! ne nous sépare point.
(// demeure quelque temps attaché au corps de son fils. )
Veillé-je ? n'est-ce point un effroyable rèvc ? N^on. C'est lui.Tout son sang bouillonne et se soulève. Il demande vengeance... Eh bien! il l'obtiendra. Tremble toi-même, tremble, odieux Sierra! Quels horribles tourments ma rage te préparc ! Oui, je sens qu'à plaisir je deviendrai barbare. La mort la plus affreuse est trop douce pour toi ; Tu ne pourras jamais souffrir autant que moi. Oh! que n'as-tu des fils!... Je veux du moins, perfide, Retourner le poignard dans ton cœur parricide; Je veux sur la victime égorger l'assassin... Insensé! qu'ai-je dit? et quel est mon dessein ? De l'hospitalité trahir la foi jurée !
O devoir inflexible ! ô vengeance frustrée !
aSG U GO LIN.
Mânes plaintifs ! en vain je vous entends crier : Sans oser le punir je tiens le meurtrier. Ne saurais-je briser cette importune chaîne ? Quoi ! l'assassin d'un fils est sacré pour ma haine ! Quand je lui dois la mort il me devrait le jour ! Non. Sous mon bas vengeur qu'il expire à son tour; Le sangpaîra le sang : courons!. ..Que vais-je faire ? Quelle lueur soudain et me frappe et m'éclaire ? J'allais à ma fureur immoler ma vertu... Corps sanglant de mon fils ! que me conseillais-tu ? H est temps de te fuir, ô trop chère victime! Et je m'arrache à toi pour m'arracher au crime.