‹ uvres complètes de Millevoye (volume 2)Chapitre 165 sur 188 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

UGOLIN, seul.

( Le corps d'Eraldi est clans V enfoncement. )

VVuEL pouvoir, enchaînant ma vengeance trompée, De ma main , malgré moi , fait tomber mon épée ? Victime du devoir et martyr de l'honneur , Il faut donc venoncer à ce dernier bonheur ! Il faut donc préférer, dans cette lutte étrange, La vertu qui m'immole au crime qui me venge ! Oui , sans doute , il le faut. C'est toi , mon fils, c'est toi Dont les derniers accents m'ont prescrit cette loi. Saurai-je l'accomplir ? Moment, moment terrible !

O vertu que ta route est glissante et pénible !

N'importe : j'ai fixé mes vœux irrésolus ,

Et dans quelques instants je ne me craindrai plus.

Je l'ai fait prévenir : ici je viens l'attendre.

Pourrai-je sans fureur et le voir et l'entendre ? '

Il s'avance!... — Grand Dieu! témoin de mes combats,

Daigne affermir mon cœur et retenir mon bras.

Page 1