SCÈNE PREMIÈRE
UGOLIN, seul.
( Le corps d'Eraldi est clans V enfoncement. )
VVuEL pouvoir, enchaînant ma vengeance trompée, De ma main , malgré moi , fait tomber mon épée ? Victime du devoir et martyr de l'honneur , Il faut donc venoncer à ce dernier bonheur ! Il faut donc préférer, dans cette lutte étrange, La vertu qui m'immole au crime qui me venge ! Oui , sans doute , il le faut. C'est toi , mon fils, c'est toi Dont les derniers accents m'ont prescrit cette loi. Saurai-je l'accomplir ? Moment, moment terrible !
O vertu que ta route est glissante et pénible !
N'importe : j'ai fixé mes vœux irrésolus ,
Et dans quelques instants je ne me craindrai plus.
Je l'ai fait prévenir : ici je viens l'attendre.
Pourrai-je sans fureur et le voir et l'entendre ? '
Il s'avance!... — Grand Dieu! témoin de mes combats,
Daigne affermir mon cœur et retenir mon bras.