‹ uvres complètes de Millevoye (volume 2)Chapitre 166 sur 188 · ACTE IV, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE II

Mais de l'un d'eux surtout j'admirai le courage , Et je vis à regret ce valeureux soldat Renversé sous mes coups après un long combat. Jamais , jamais guerrier tombé sous mon épée , Ne laissa tant de trouble en mon ame frappée. Aux lueurs des flambeaux je contemplai ses traits, Et s'il était ici... je le reconnaîtrais. Mais pourquoi rappeler cette image funeste , Qu'épargna la nuit sombre à la clarté .céleste ?

u G o LIN , fe conduisant vers le corps de son fils. Approchez , approchez ! le reconnaissez-vous ?

SIARRA.

C'est le jeune guerrier qui tomba sous mes coups !

C'est lui ! de sa récente et profonde blessure

Le sang bouillonne encore et contre moi murmure.

tlGOLlN.

C'est mon fils.

SIARRA.

Voire fils! qu'ai-je fait.? Sort affreux! t 5 . a5

2ÇJO UGOLIN.

Et le même soleil nous éclaire tous deux!

Et votre main, plongée au fond de mes entrailles,

N'a pas de tout mon sang arrosé ces murailles!

Il ne me manquait plus que le nom d'assassin-

Eufer anticipé que je porte en mon sem ,

O malédiction , fatal adieu d'un père !

N'as- tu point sur ma tète épuisé ta colère ?

Faut-il qu'entraînanttoutdansl'horreurdeTOonsort,

Je jette autour de moi le malheur et la mort ?

Ombre auguste ! accomplis ta dernière vengeance.

Pères infortunés ! frappez d'intelligence.

Seigneur, j'attends vos coups : que mes crimes punis

Apaisent à la fois mon père et votre fils;

Frappez!

Je ne le puis sans être sacrilège.

SIABRA.

Frappez : je vous le rends ce sanglant privilège.

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