ACTE V, SCÈNE I
Mes pieds sont chancelants... Venez, soutenez-moi, Mon père , je succombe.
UOOLIN.
Ici repose-toi Mou enfant... Juste ciel! il pâlit, il frissonne; Son œil est égaré ; la chaleur l'abandonne : ^ Son front morne est voilé des ombres du trépas. Mon fils! entends ma voix... Il ne me répond pas. Mon Kls ! mon Ubaldi ! prends pitié de ton père! Soulève encor vers moi cette tête .si chère. Vis, ou je meurs. Réponds, réponds... Vœux superflus ! Sa bouche est sans haleine... Hélas ! mon filsn'esLplus. Il n'est plus, et je vis! O désespoir! ô rage! De l'affreux Sismondi tel est l'horrible ouvrage ! A mes cris paternels, sur ce monstre odieux, O malédiction ! descends du haut des cieux. Prends courage, Ugolin ! Ose, malheureux père, Contempler cette image épouvantable et chère.
Ces lèvres, d'où ton nom s'échappa tant de fois, Ce front décoloré !... Dieu ! qu'est-ce que je vois ? Un soupir est sorti de sa bouche expirante !... Ah I c'était le dernier... — Mais non ; sa vue errante Me cherche...
UBALDi, revenant à lui.
Où suis-je donc ?
L'ai-je bien entendu ?
Mon fils pour un moment me serait-il rendu ?
UBALDI.
O mon père ! c'est vous ! Vos yeux sont pleins de larmes Comme votre main tremble? Écartez vos alarmes. Il ne me reste plus qu'un peu d'abattement.
u (j o L I N , à part.
Il voudrait, par pitié, me cacher son tourment.
UBALDI.
Je suis mieux; vous voyez.