SOLDATS
SIARRA.
Pour nous le destin se décide.
Du vaillant Lorenzo les efforts généreux Ont secondé les miens : de ses soldats nombreux Sismondi vainement rassemblait les cohortes. Nos bras de son palais ont renversé les portes. Il a fui devant nous, de frayeur agité, Et dans l'Arno rapide il s'est précipité. Lui prodiguant les noms d'imposteur, de barbare, Pise, tout mort qu'il est, contre lui se déclare; Une voix unanime a déposé pour vous :
L'innocence triomphe, et le ciel est absous.
IjORENZO.
Autour de cette enceinte une troupe fidèle 5 a8
Dans ses rangs belliqueux à grands cris vous appelle ,
Et, libre d'un tyran, le parti Gibelin
A proclamé pour chef l'invincible Ugolin.
Ne tardons plus, seigneur; venez à la patrie
Rendre l'auguste aspect d'une tête chérie.
Daignez suivre nos pas : marchons.
Il n'est plus temps.
SIARRA.
Qu'entends-je
Ce n'est plus la gloire que j'attends.
C'est la mort, et déjà je la sens qui me glace. A mes regards éteints tous pâlit et s'efface. Le rapide poison redouble ses progrès... Mais Ubaldi respire, et je meurs sans regrets.
UBALDI.
Vous mourez!
LORKNZO.
O douleur!