ACTE II, SCÈNE I
De ces funestes chars qui roulent dans la nuit; Et jusqu'à ton réveil , Némésis irritée Ne te présente pas la coupe ensanglantée. Innocent, tu dois vivre, et coupable je meui^.
ARC AMÈNE
As-tu donc oublié les supplices ven'^^eurs Qu'au-delà du tombeau ?... Par une mort prochaine Veux-tu de tes forfaits éterniser la peine ? Ils sont grands; le temps seul saura les expier : C'est au plus criminel à mourir le dernier. Mais nos prêtres déjà le long de ce portique Attendent que, des bois traversant l'ombi'e antique , Nous allions consulter, sous le chêne vieilli, L'oracle solitaire en son sein recueilli. Suis-nous, cher Corésus, ta tristesse secrète Ne fait que s'augmenter au fond de la retraite. Six fois l'astre du jour a disparu des cieux, Depuis que sous tes mains l'encens religieux.
li\ CORÉSUS.
N'a parfumé l'autel où notre Dieu réside :
A nos solennités c'est moi seul qui préside ,
Moi qui, les yeux en pleurs et le deuil sur les l,raits,
N'y porte qu'un cœur triste et que des vœux distraits.
CORÉSUS.
Eh bien ! je t'en croirai. Viens, fidèle Arcamène... Mais quel trouble nouveau me saisit et m'enchaîne? Je frissonne, sous moi je sens fléchir mes pas.
ARCAMÈNE.
Reprends courage.
CORÉSUS.
Non , je ne te suivrai pas.
ARCAMÈNE
Marchons.
Je ne le puis.
ARCAMÈNE.
Quel obstacle t'arrête '?