ACTE III, SCENE II
CALLIRRHOÉ.
OÙ donc est la vertu de qui sauve son père ?
AGÉNOR
Moi-même, vous cédant à l'amour d'un rivai,
J'allais vous échanger contre le coup fatal.
J'avais des suppliants pris le maintien timide ;
Mes pleursmo uillaient les bords de la sainte chlamy de ;
Corésus tout à coup a semblé s'attendrir.
On eût dit que ses yeux venaient de se rouvrir.
Je l'ai suivi. Bientôt des libations pures
De nos maiiis tour à tour ont lavé les souillures.
« Que cette onde, pour nous , soit celle de l'oubli , »
Ajoute Corésus , d'un accent affaibli ;
Etm'embrassantalors,sanstroubleetsans contrainte.
Parmi les profondeurs d'un sombre labyrinthe ,
Au centre de la terre il se fraie un chemin ;
Comme si dans ce lieu , des enfers plus voisin ,
Il voulait, pour répondre au choix qu'on sollicite,
76 CORÉSUS.
Consulter de plus près le juge du Cocyte. Je ne sais quel présage enchante mes esprits, Mais vos jours délivrés...
CALLIRRHOÉ.
Qui vous l'aurait appris ?
AGÉNOR
Corésus. Ce n'est point par une forme vaine Qu'il m'a purifié dans la source prochaine.
CALLIRRHOÉ.
Arrêtez, Agénor. Reprenez, en ce jour, Votre raison , ou moi je reprends mon amour. Le don que vous m'offrez, pour être légitime, A besoin d'obtenir l'aveu de la victime : N'y comptez pas, seigneur; et, las de m'irriter, Ne m'adoucissez pas l'horreur de vous quitter.
AGÉNOR
Madame, quel arrêt sorti de votre bouche!