‹ uvres complètes de Millevoye (volume 2)Chapitre 40 sur 188 · ACTE m, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE m, SCENE III

Je le refuserais.

ARCAMÈNE.

Eh ! madame ! la mort N'est peut-être pour lui qu'un bien dont on le prive.

CALLIKKHOÉ.

Sur quoi le jugez-vous ?

AKCAMÈNE.

Le fils d'une captive , Né d'un roi , sans oser rentrer dans Calydon , Et seul , parmi les bois errant à l'abandon , N'a pas de longs regrets à laisser sur la terre.

AGÉNOR

Il peut se rapprocher du trône héréditaire , Car enfin il est prince , il sort de notre sang.

ARCAMÈNE.

Il n'a justifié ni son nom , ni son rang.

CALLIRRHOé.

A peine échappe-t-il à la débile enfance.

8o CORÉSUS.

D'ailleurs il est absent : je prendrai sa défense. L'arrachant dès demain à ses destins obscurs , Si j'y restais vivante, il serait dans nos murs.

ARCAMÈNE.

Madame, et vous, seigneur , le ciel , qui nous écoute. De livrer l'innocent sait combien il m'en coûte. Mais,après tout, vos jours sont-ils d'un moindre prix? De tous vos citoyens n'étes-vous pas chéris ? En est-il un , un seul , qui pour vous ne se livre ? Vous régnez.

AGÉNOR

Ne parlons de régner, ni de vivre.

Mais les vœux des mourants sont sacrés ici-bas ; Consacrez un hymen, précurseur du trépas; Que vos mains, lentement sur nos fronts imposées, Attestent nos vertus du ciel favorisées ; Et que BaccHus lui-même, avec ravissement, Contemple à son autel ce bonheur d'un moment!

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