ACTE I, SCENE I
Pour inspirer l'amour, pour obtenir l'estime, J'ai mis tout en usage. Eh bien ! ces vains essais De mes sujets ingrats redoublent les excès : Tout de moi les irrite, et rien ne les apaise; A leurs cœurs prévenus mon autorité pèse ; Et de ces obstinés les plus séditieux Sont ceux dont la fureur se déguise le mieux. L'un d'eux surtout, l'un d'eux m'inquiète et me gêne; C'est Procida. Je hais sa franchise hautaine , Son masque de vertu, sa naissance, ses biens, Son crédit sur les grands et sur les citoyens. Jadis , non loin du Phare , il gouverna cette île Qui semble rattacher la Grèce^ à la Sicile ; Il lui donna des lois , la nomma de son nom : Dans Salerne illustré, plus d'une fois, dit-on, Il alla , de Salerne à la cour de Castille , Du jeune Conradin protéger la famille.
N'importe; il est puissant; il le faut ménager;
loo CONRAD IN.
D'un impiudcnt éclat je connais le danger: Retenons la vengeance , et par des sacrifices Sachons de qui peut nuire acheter les services. Quand prononceront-ils ?