ACTE I, SCKNE III. io
A conservé le nom de la ville éternelle.
CHAR L "h: S.
Aux yeux de Procida ces exemples sont vains; Ses vertus ne sont pas les vertus des Romains. Votre voix jusqu'à lui ne peut se faire entendre : Il paraît occupé d'un intérêt plus tendre. A le voir protéger ces proscrits malheureux , D'autres soupçonneraient que déjà l'un d'entre eux.. Mais je connais trop bien vos principes austèi)es, Procida. Toutefois je fais des vœux sincères Pour que votre pitié, si prompte à s'émouvoir. N'ait point à s'immoler aux rigueurs du devoir.
PROCIDA
Heureux , seigneur, qui sait les accorder sans cesse , Qui , libre sans révolte , et soumis sans bassesse , Pour les droits de l'honneur a toujours combattu , Et croit servir son prince en servant la vertu !
io6 CONRADIN.
CHARLES
A la rébellion toache l'indépendance.
Je vous ai vu souvent, malgré votre prudence. Trahir vos vœux secrets par un trouble soudain. Et changer de couleur au nom de Conradin.
PROCIDA
Permettez les regrets que son malheur inspire ; Les morts ne viennent pas réclamer un empire.
CHARLES
L'accusé semble en vain absous par le trépas ; Avec le criminel le crime ne meurt pas : Des princes factieux trop souvent les images D'un vulgaire crédule usurpent les hommages, Etprovoquentdansl'ombre à des combats nouveaux Les partis ralliés autour de leurs tombeaux : De là les feux couverts des discordes civiles , Les longs déchirements des états et des villes , Les attentats sans nombre et les malheurs sans fin...