ACTE II, SCÈNE IV
Il faut qu'un coup hardi vous venge etnouuxléliv rc. J'ai des amis : le peuple à nos vœux doit s'unir; Le peuple, armé déjà pour votre souvenir, S'armera pour vous-même, et dès demain peut-être Les murs où nous vivons auront changé de maître.
Le sort ne peut-il pas trahir votre valeur? Trop souvent la vengeance est lin nouveau inalluur. Ah ! plutôt regagnons une rive plus chère : Dans cette belle Asie où repose ma mère , Cherchons, loin des humains, un modeste réduit Où d'effrayants réveils ne troublent point la nuit , Où je n'entendrai plus ni le fracas des armes, Ni le nocturne airain qui tinte les alarmes.... Comme si désormais dans leurs vœux furibonds Les jours pour les combats n'étaient pas assezlongs! Elisabeth respire... allons vivre auprès d'elle :
i3o CONRADIN.
Si je ne revois pas la cendre maternelle, Je verrai votre mère et chérirai ses lois. Pour prix de mon amour , peut-être quelquefois , Oubliant les grandeurs d'une auguste famille. Elle m'appellera du doux nom de sa fille.
Vous l'êtes.
ERN ANCE
Pardonnez mes refus obstinés; Mais pour moi de tels nœuds ne sont pas destinés.
C ONRADIN.
Trop long-temps vos refus à ma persévérance Ont opposé des rangs la vaine différence. Jadis à votre main lorsque ma main s'offrit , J'étais prince ; en ce jour je ne suis qu'un proscrit. Eh! que dis- je? Entre vous et la' tige royale Les revers ont assez rapproché l'intervalle ; Et votre cœur encor serait trop généreux