‹ uvres complètes de Millevoye (volume 2)Chapitre 67 sur 188 · ACTE II, SCÈNE IV. i3i · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IV. i3i

D'accepter pour époux Conradin malheureux.

ERN ANC E

Par ce noble détour, ainsi votre tendresse Pour m'élever à vous jusques à moi s'abaisse : Mais le devoir m'impose une sévère loi ; Conradin détrôné sera toujours mon roi.

J'entends. Ce vain respect sert de voile à la crainte. Expliquez-vous, Ernance, et parlez sans contrainte; Dites que vous tremblez (j'en serais peu surpris ) D'associer vos jours à des jours mis à prix ; Dites que, redoutant ma tendresse importune. Vous n'osez faire un pacte avec mon infortune , Que vous m'abandonnez à l'horreur de mon sort Et que mon seul espoir est l'espoir de la mort.

PROC 1 DA

Vous la calomniez, prince; daignez m'en croire :

i32 CONRADIN.

Sa vertu dans son cœur combat pour votre gloire; Un inégal hymen a de tristes retours : Eh ! qui peut en aimant jurer d'aimer toujours ! Sur un front moins obscur posez le diadème. Vous devez cet effort à l'empire, à vous-même, Tout l'exige ; et, déjà reconnaissant vos droits, L'Orient vous réserve une fille des rois.

Les rois peuvent garder leur auguste héritière. Seule Ernance remplit mon ame tout entière : Depuis cinq ans d'absence , en mon adversité Son image me suit et ne m'a point quitté. A toute heure , en tous lieux , présente à ma mémoire, Ërnance m'occupait encor plus que ma gloire. Me rapprocher d'Ernance ; heureux entre elle etvous, Porter avec orgueil le nom de son époux ; Reconquérir mes droits , et monter avec elle Les marches do ce trône où sa vertu l'appelle...

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