ACTE II, SCÈNE IV. i
C'étaient là tous mes vœux! je perds tout en \in jour: La gloire et l'amitié, la fortune et l'amour, Tout fuit, tout m'abandonne, et tout me désespère.
PROC IDA
J'ai pour vous , je le sens , la tendresse d'un père ; Oui, malgré mes refus cet hymen, j'en conviens, S'il eût charnié vos jours eût embelli les nriens : Mais aussi j'aurais vu, prompt à me méconnaître, Ce peuple m'accuser d'avoir séduit mon maître , Et de l'avoir servi dans le coupable espoir De lui faire oublier son rang et son devoir. Eh! dites-moi comment attendre quelques charmes D'un hymen commencé dans le sang et les larmes ? Où prononcerez-vous vos serments imqiortels ? La mort seule en nos murs garde encor des autels.
"Nous les répéterons dans un temps plus prospère Ces serments prononcés devant le front d'im pèro!
i34 CONRADIN.
Le ciel, qui nous entend, promet de les bénir. Confirmez sa promesse en daignant nous unir. piR^ociTt A, joignant la main d'Ernance à celle de Conradin.
Eh bien ! soyez mon fils. — Elisabeth , pardonne ! C'est l'ami qui me prie, et le roi qui m'ordonne... Voici ta fille. Au moins, humble dans sa grandeur. Tu trouveras en elle un cœur selon ton cœur. Ma fille , de ton rang contemple la noblesse , Et bannis désormais une indigne faiblesse. N'oppose point tes pleurs aux desseins d'un époux. Fais plus : quand les dangers l'appelleront aux coups. Donne-lui son épée, enflamme son courage, Et jouis des exploits qui seront ton ouvrage. Sans être reine encor songe dès à présent Qu'un futur diadème est un fardeau pesant. En nos jours de malheur aux périls éprouvée , Apprends à quels devoirs le sort t'a réservée.