ACTE II, SCÈNE IV. i
Et toi, ciel protecteur, daigne veiller sur nous; Epargne l'infortune à ces jeunes époux ; Que pour eux les destins , devenus plus propices , N'osent briser des nœuds formés sous tes auspices.
Mon père, vous verrez tous vos vœux s'acconaplir. Perfide usurpateur ! c'est à toi de pâlir. Je n'ai plus seulement un trône à te reprendre. J'ai mon père à sauver, mon épouse à défendre.
PROCID A.
Mes appuis sont nombreux. Par de nouveaux liens J'enchaîne à nos projets ces fiers Siciliens , Comme vous, indignés contre la tyrannie. De leurs chefs en ces lieux l'élite réunie Devant vous ayant peu doit venir prononcer Les serments qu'à votre ombre ils croyaien t adresser. Jugez de leurs transports en vous voyant paraître. A peine leurs regarda sauront vous reconnaître ,
i36 CONRADIN.
Et vous pourrez jouir , parmi nous confondu ,
De ce pur dévoûment qui vous est si bien dû î
De vos soins paternels mon ame est attendrie. ' Que de biens obtenus ! une épouse chérie , Un père, des amis, et d'utiles secours... Mes malheurs seraient-ils au terme de leur cours ? Un moment a changé toute ma destinée.
Il semble que déjà notre heureux hyméuée Ait pénétré mon cœur de sentiments nouveaux ; Il semble que ce jour doive finir mes maux.
Nos braves conjurés paraîtront dans uiie heure. Venez en attendant , au fond de ma demeure , Goûter quelque repos sous ce toit isolé Où pour vous si long-temps nos larmes ont coulé !