‹ uvres complètes de Millevoye (volume 2)Chapitre 70 sur 188 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

PROCIDA-

Ils ne tarderont pas, O mon maître ! ô mon lils ! Verrai-je après dix ans mes vœux enfm remplis ? Après dix ans , passés au fond de la Castille A servir , à sauver votre auguste famille , Après tant de combats pour elle soutenus. D'ennemis renversés, de complots prévenus. De chances tour à tour funestes ou propices , De périlleux projets , d'onéreux sacrifices , De ma persévérance obticndrai-je le prix?

O mânes de mes rois , mânes chers et proscrits ! Le sort me garde-t-il ce bonheur en partage De rendre à votre fils son illustre héritage ? Quand pourra cette épée, au gré de mes souhaits, Précipiter du trône un tyran que je hais, En délivrer nos murs et l'Italie entière, Dùt-il frapper en moi sa victime dernière !

C ONRADI N.

Arrêtez , Procida, j'accepte vos secours , Mais neveux point du trône aux dépens de vos jours: Que le père d'Ernance avant tout se souvienne Qu'en dévouant sa vie il expose la mienne.

PROCIDA. '

Tout mon sang...

Est-ce ainsi que vous me rassurez ?

Mais on vient.

P ROC IDA

Ce sont eux.

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