‹ uvres complètes de Millevoye (volume 4)Chapitre 2 sur 100 · LA CHUTE DES FEUILLES · texte numérisé non relu

LA CHUTE DES FEUILLES

J Je la dépouille de nos bois L'automne avait jonché la terre ; Le bocage était sans mystère, Le rossignol était sans voix.

Triste , et mourant à son aurore , Un jeune malade à pas lents ^ Parcourait une fob encore Le bois cher à ses premiers ans :

8o ÉLÉGIES.

« Bois que j'aime, adieu, je succombe,

Votre deuil a prédit mon sort ,

Et dans chaque feuille qui tombe

Je lis un présage de mort.

Fatal oracle d'Épidaure,

Tu m'as dit : Les feuilles des bois "

A tes yeux jauniront encore,

Et c'est pour la dernière fois.

La nuit du trépas t'environne;

Plus pâle que la pâle automne ,

Tu t'inclines vers le tombeau.

Ta jeunesse sera flétrie

A-vant l'herbe de la prairie ,

Avant le pampre du coteau.

Et je meurs ! De sa froide haleine

Un vent funeste m'a touché,

Et mon hiver s'est approché

Quand mon printemps s'écoule à peine.

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