LIVRE IL
De la lyre jamais n'empruntèrent les sons.
HÉSIODE
« Sur le mont des neufs Sœurs je portais la houlette : Elles vinrent un jour , au milieu des troupeaux , Saluer le pasteur du doux nom de poète ; Je visitai leur temple et portai leurs bandeaux.
HOMÈRE
« Une nuit, je rêvai que l'oiseau du tonnerre, Vers les bords du Mélès se jouant avec moi, M'emportait aux confins des cieux et de la terre , Et me disait : « La terre et les cieux sont à toi. »
HÉSIODE
« Filles de Mnémosyne , augustes immortelles , O Muses ! vous serez mes dernières amours. Heureuse est la demeure où reposent vos ailes ! La palme et l'olivier l'ombrageront toujours.
HOMÈKE.
« Honneur au roi des Dieux! Autant le haut Gargarc
ia8 ÉLÉGIES.
Surpasse les rochers enfoncés dans la mer ; Autant l'Olympe altier surmonte le Tartare ; A-Utant parmi les Dieux domine Jupiter.
HÉSIODE
« Les Muses, vers le soir, entrelaçant leur danse, Couronnent l'Hélicon de leur groupe joyeux : Ou, montant vers l'Olympe, elles vont en cadence Savourer le nectar dans la coupe des Dieux.
HOMKRE.
« Jupiter ne meurt point; le sang de l'hécatombe Jamais ne rougira le marbre de sa tombe ; Sur sa tombe jamais l«*s coursiers indomptés N'iront briser les chars dans la lice emportés.
HÉSIODE
« Et nous , mortels promis à l'empire des ombres , Nous verrons avant peu le nocher des enfers, Et les dormantes eaux du fleuve aux rives sombres, Qui seul de son tribut n'enrichit point les mers.