LIVRE II. i
Actemplis tes destins: triomphe dans l'Attique. Pour moi, je pars : je vais sur des bords plus heureux, De Cécrops au tombeau foulant la terre antique, Chercher dans Ptoléraée un hôte généreux*.
Quelques succès encore attendent ma vieillesse. Non , je ne verrai point mes affronts impunis : L'Egypte vengera les mépris de la Grèce; Athènes trouvera ses juges dans Tanis.
Tel un coursier, vaincu dans les jeux d'Olympie, Fuit le jour, et languit dans un triste lien; Mais bientôt son ardeur, un instant assoupie, Retrouve la victoire au cirque Pythien.
* D'aufres disent qu'il se retira en Sicile à la cour d'Hiérou. J'en ai laissé l'honneur à Ptolémée. .
i6o ÉLÉGIES.
En un cirque nouveau comme lui je m'élance : Je veux par un triomphe effacer un revers. Recueille-toi, ma lyre, et ne sors du silence Que pour vaincre en beauté les plus beaux de mes vers.
Ressouviens-toi du jour si cher à Melpomène , Du jour où, créateur de mon art épuré. Sur un tertre épineux je cueillis non sans peine Le laurier frêle encor par Thespis effleuré.
Melpomène à ma voix, du cothurne chaussée, Pour le manteau royal dépouilla ses lambeaux ; Et le chœur, mesurant sa marche cadencée, Asservit la parole à ses retours égaux.
N'en doutons plus : Minerve abandonne sa ville ; Minerve a trop long-temps protégé des ingrats.