‹ uvres complètes de Millevoye (volume 4)Chapitre 62 sur 100 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

Cenoble ami, plus léger que les vents.

Il dort couché sous les sables mouvants.

Du meurtrier j'ai puni l'insolence ;

Sa tête horrible aussitôt a roulé :

J'ai de son sang abreuvé cette lance ,

Et sous mes pieds je l'ai long-temps foulé.

Puis, contemplant mon coursier sans haleine ,

Morne et pensif, je l'appelai trois fois ;

En vain , hélas!... il fut sourd à ma voix;

Et j'élevai sa tombe dans la plaine.

Ce noble ami , plus léger que les vents , Il dort couché sous les sables mouvants.

Depuis ce jour, toui'ment de ma mémoire, Nul doux soleil sur ma tète n'a lui:

Mort au plaisir, insensible à la gloire ,

Dans le désert je traîne un long ennui. Cette Arabie, autrefois tant aimée, N'est plus pour moi qu'un immense tombeau; On me voit fuir le sentier du chameau , L'arbre d'encens et la plaine embaumée.

Ce noble ami , plus léger que les vents , Il dort couché sous les sables mouvants.

Quand du midi le rayon nous dévore , Il me guidait vers l'arbre hospitalier ; A mes côtés il combattait le More , Et sa poitrine était mon bouclier.

De mes travaux compagnon intrépide î Fier, et debout dès le réveil du jour, A« rendez- vous et de guerre et d'amour Tu m'emportais comme l'éclair rapide. •

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