LE PHÉNIX
k^ous les pas du chameau les sables de Lybie En poudreux tourbillons s'élèvent jusqu'au ciel: Les peuples sont venus ; car l'oiseau d'Arabie S'élance, après dix jours, du tombeau paternel. Avant que le Soleil, vaste flambeau du monde, Atteigne , plus ardent , son zénith enflammé , Le beau Phénix, éclos de la cendre féconde , Ira porter son père au bûcher parfumé.
Le temple du Soleil découvre son portique; Et l'Ai'abe en ces mots commence le cantique :
« Phénix, amour du ciel, écoute nos accents; Phénix, amour du ciel, porte lui notre encens.
aoo CHANTS ÉLÉGIAQUES.
« Apparais, noble oiseau, père et fils de toi-même! Montre-nous de ton front l'étoile diadème , Ton cou doré , ton bec d'émeraude et d'azur , Ton aile où , diaprant l'albâtre le plus pur , Le brillant incarnat nuance ton plumage , De la pourpre d'Anir éblouissante image. Que le rapide éclair s'échappe de tes yeux ; Qu'il brille ce regard, qui, des champs du tonnerre, Traverse en un instant l'immensité des lieux, Et voit ramper l'insecte aux bornes de la terre.
« Phénix , amour du ciel , écoute nos accents : Phénix , amour du ciel , porte-lui notre encens.
« De tes ans merveilleux l'étonnant témoignage Par la voix des vieillards fut transmis d'âge en âge Cinq fois l'astre pompeux qui dispense le jour De ta centième année éclaire le retour :