‹ uvres complètes de Millevoye (volume 4)Chapitre 68 sur 100 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

BeAu Phénix ! ah ! dis-nous quel jour te vit éclore. Es-tu né d'un rayon de la vermeille Aurore ? Des diqux le souffle pur a-t-il , du haut des airs , Semé ton germe heureux au sein de nos déserts ? Ou , quand régnaient au loin les ténèbi-es profondes , Reposais-tu déjà dans le berceau des mondes ?

« Phénix, amour du ciel, écoute nos accents. Phénix, amour du ciel, porte-lui notre encens.

« Depuis l'heure où ton vol tranquille et solitaire Se balance au milieu des globes éclatants , Oh ! combien de mortels ont passé sur la terre , Nomades engloutis dans les déserts du teni ps ! Las d'errer sans espoir, caravane oubliée , En des sables mouvants sans ruisseaux et sans fleurs Ils ont enfin trouvé le terme des douleurs, Et leur tente d'un jour pour jamais s'est pliée.

loi CHANTS ÉLÉGIAQUES.

« Phénix , amour du ciel , écoute nos accents ; . Phénix , amour du ciel , porte-lui notre encens.

o Recommande au soleil les trésors de nos plaines: Qu'il mûrisse la datte et ses sucs nourriciers, Des troupeaux de Cédar épaississe les laines , Donne aux chameaux la force et l'audace aux coursiers, Et détourne des vents les mortelles haleines ; Qu'à l'approche du soir il dirige vers nous Le voyageur errant aux plages étrangères ; Qu'il colore au matin de ses feux les plus doux Le berceau de nos lils, la tombe de nos pères !

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