‹ uvres complètes de Millevoye (volume 4)Chapitre 72 sur 100 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

H fit briller 4a consolante image

Du jour sans fin dans un monde meilleur.

Ses chants perdus furent sans récompense :

Il s'en alla vers les sables d'Iran

Avec sa fille, étoile d'innocence,

Toucher la lyre au bruit de l'ouragan.

— Fidèle émir ! prends ma noire cavale ; Ses pieds légers sont l'aile de l'oiseau. Vole au désert, plus prompt que la rafale; A Bénamar va porter cet anneau.

Oui, j'en atteste et la nuit et ses voiles : De mes bienfaits je prétends le combler; Du firmament les nombreuses étoiles A ses trésors ne pourront s'égaler.

Que sur tes pas sa fille consolée

Vienne avec lui former d'heureux concerts !

2o8 CHANTS ÉLÉGIAQUES.

Loin des regards cette palme isolée

A trop long-temps fleuri pour les déserts. »

L'émir, pressant la cavale légère,

Part comme un trait qui s'élance et qui fuit ;

Et sur sa route une jeune étrangère,

Pâle et charmante , apparut vers la nuit.

« O voyageur qui , seul et sans retraite , Cours , égaré dans les sables d'Iran !

Que cherches-tu? — Je cherche le poète. Ce Bénamar, la gloire du sultan.

— O voyageur! Bénamar fut mon père; Il a cessé de vivre et de souffrir :

Ces hauts cyprès ombragent sa poussière , Et près de lui j'achève de mourir.

— Fleur de beauté ! que ton éclat renaisse ; Viens , sors enfin de ton obscurité ;

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