‹ uvres complètes de MillevoyeChapitre 22 sur 40 · EGLOGUE TROISIEME · texte numérisé non relu

EGLOGUE TROISIEME

Altcrnis dicctis: amant alterna Camœnœ.

Virgile revient souvent sur cette idée ; il dit encore dans sa septième églogue :

Alteruos musse meminisse volebaut.

Mais CCS chants Amcbées, si agréables aux Muses, le sont beaucoup moins aux traducteurs en vers.

condamnés à se mouvoir dans l'espace étroit du quatrain ou du distique. Comme le mérite des couplets alternatifs consiste sur-tout dans leur précision, je n'ai pas cru , pour les reproduire , devoir étendre l'original , aimant mieux sacrifier quelques traits qu'en ajouter d'autres au poète le plus parfait de l'antiquité. En traduction , il est dangereux de prêter aux riches.

Malo me Galatea petit, lasciva puella; Et fugit ad salices , et se cnpit antè \-ideri.

Je regrette que le défaut d'espace m'ait forcé de supprimer la circonstance des saules , qui précise le tableau dont j'ai toutefois cherché à rendre l'intention et le mouvement.

Parla meae Veneri sunt muriera.

Le nom de ma Vénus , donné par Damète à sa bergère , est une exagération si tendre , et si naturelle à l'amour, qu'elle ne m'a point paru de mau-

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vais goût , même dans une langue aussi dédaigneuse que la nôtre.

O qiiotics, et qiiae nobis Galatca locuta csl ! Partem aliquam, vcnli, divûin icfcratis ad aurcs.

Ségrais a imité ces deux vers par les quatre suivants :

O les charmants discours, (> les divines cboses Qu'un jour disait Amirc, eu la saison des roses! Doux zéphyrs , qui régniez alors en ces beaux lieux , Wen portâtes-vous rien aux oreilles des dieux ?

En la saison des roses est un trait charmant dans une imitation, autant qu'il eût été déplacé dans une traduction fidèle.

Qui Bavium non odit, amet tua carmina, Mnevi; Atque idem jungat vulpcs, et mulccat liiicos.

Le premier de ces vers atteint d'un seul coup deux mauvais poètes , détracteurs du talent de Virgile, comme cela devait être j le second est l'un de

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ces proverbes métaphoriques que j'ai déjà fait remarquer clans la seconde églogue. Celui-ci paraît signifier , vouloir faire rimpossible. J'en ai sujjprinié la seconde circonstance, et j'ai cherché à ennoblir la première.

Die quibus in terris, et cris niihi niagnus ApoUo, Très pateat cœli spatium non amplius iilnas. — Die quibus in terris inscripti nomina regum Nascantur flores.

Je donne ici le mot de ces deux énigmes à ceux de mes lecteurs qui ne sont pas suffisamment exercés dans ce genre de littérature, dont nos modernes Œdipes ne soupçonnent pas l'antiquité.

Le sujet de la première est un puits ; celui de la seconde est la fleur à'Hjacinthe sur laquelle les anciens croyaient voir l'initiale du nom de ce jeune prince.

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