SCÈNE VII. - ÉRIPHILE , SOSTRATE
Sostrate, vous m'aimez.
SOSTRATE
Moi, madame?
ÉRIPHILE
Laissons cela, Sostrate; je le sais, je l'approuve, et vou» permets de me le dire. Votre passion a paru à mes yeux acïonipaguée de tout le mérite qui me la pouvoit rendre agréable. Si ce n'étoit le rang où le ciel m'a fait naître , je puis vous dire que cette passion n'auroit pas été malheureuse, et que cent fois je lui ai souhaité l'appui d'une fortune qui pût mettre pour elle en pleine liberté les secrets sentiments de mon ame. Ce n'est pas, Sostrate, que le mérite seul n'ait à mes yeux tout le prix qu'il doit avoir , et que, dans mon cœur , je ne préfère les vertus qui sont en vous à tous les titres magnifiques dont les autres sont revêtus. Ce n'est pas même que la princesse ma mère ne m'ait assez laissé la disposition de mes vœux, et je ne doute point, je vous l'avoue, que mes prières n'eussent pu tourner son consentement du côté que j'aurois voulu. Mais il est des états, Sostrate, où il n'est pas honnête de vouloir tout o6 qu'on peut faire. Il y a des chagrins à se mettre au-dessui 4e toutes choses ; et les bruits fâcheux de la renomma