SCÈNE IX. — CLÉONTE, COVIELLE
CLLONTE.
Quoi! traiter un amant de la sorte, et un amant le plus fidèle et le plus passionne de tous les amants !
COVIELLE
C'est une chose épouvantable que ce qu'on nous a fait à tous deux.
Je fais voir pour une personne toute l'ardeur et toute la tendresse qu'on peut imaginer ; je n'aime rien au mond<! qu'elle, et je n'ai qu'elle dans l'esprit; elle fait tous mes soins, tous mes dcsirs, toute ma joie; je ne parle que d'elle, je ne pense qu'à elle , je ne fais des songes que d'elle, je ne respire que par elle, mon cœur vit tout en elle; et voilà de tant d'amitié la digne récompense ! Je suis deux jours sans la voir, qui sont pour moi deux siècles effroyables : je la rencontre par hasard ; mon cœur , à celte vue", se sent touî transporté, ma joie éclate sur mon visage, je vole avec ra- \ issement vers elle , et l'infidèle détourne de moi ses regaids, et passe brusquement, comme si de sa vie elle ne m'avoit vu !
COVIELLE
Je dis les mêmes choses que vous.
' Ici, Molière se prépare à traiter, pour la troisième fois, une situation qu'on t déjà vue dans le Dcp\t amoureu» el dans le Tartufe, ccle dp la brouillerie el du raccommodement d>> deux amants. La sceoe du Dépit amoureux est annoncée, amenée exacteinenl couinie cellH-ci. Manuetti:, chargée d'un doux message pour Érasle, est reçue de TOême par le inaiue ei par le valet; el elle 4il de mêine, dans son rioanemeui : QuelU mouc.'ie U pique ? (AugerJ