‹ uvres complètes de MolièreChapitre 289 sur 553 · ACTE III, SCENE · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE

Contester sur leurs agréments Avec l'or et les pierreries ; Vous n'entendrez que des concerts charmant»; De cent beautés vous y serez servie, Qui vous adoreront sans vous porter envie, Et brigueront à tous moments, D'une amc soumise et ravie, L'honneur de vos comniandemeat».

PSYCHÉ

Mes volontés suivent les vôtres ;

Je n'en saurois plus avoir d'autres :

Mais votre oracle enlîn vient de me séparer

De deux sœurs et du roi mon père ,

Que mon trépas imaginaire

Réduit tous trois à me pleurer.

Pour dissiper l'erreur dont leur ame accablée De mortels déplaisirs se voit pour moi comblée,

Souffrez que mes soeurs soient témoins

Et de ma gloire et de vos soins.

Prêtez-leur, comme à moi, les ailes du Zéphyre,

Qui leur puissent de votre empire, Ainsi quà moi, faciliter l'accès; Faites-leur voir en quel lieu je respire ; Faites leur de ma perte admirer le succès.

l'amolr.

Vous ne me donnez pas , Psyché , toute voire ame ; Ce tendre souvenir d'un père et de deux sœurs

Me vole une part des douceurs

Que je veux toutes pour ma tlamme.

N'ayez d'yeux que pour moi, qui n'en ai que pour vous ; Ne songez qu'à m'aimer, ne songez qu'à me plaire : Et, quand de tels soucis osent vous en distraire...

PSTCHÉ.

Des tendresses du sang peut-on être jaloux?

l'amocu.

Je le suis, ma Psyché, de toute la nature. Les rayons du soleil vous jaisent trop souvent. Vos cheveux souffrent trop les caressés du vent;

Dès qu'il les flatte , j'en murmure :

L'air même que vous respirez Arec trop de plaisir passe par votre bouche j

Votre liaT)it de trop près vous touche;

Et, sitôt que vous soupirez,

Je ne sais quoi qui m'effarouche Craint, parmi vos soupirs, des soupirs égarés Mais vous voulez vos sœurs; allez, partez, Zéphyre ; Psyché le veut, je ne l'en puis dédire*.

(Zëphyre seoTole.)

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