ACTE 1^ SCE.NE I
Qui sait si bien régir la partie- animale, Et retenir la bride aux efforts du courroux?
ARMANDE
Mais vous qui m'en parlez, où la pratiquez-vou», De répondre à l'amour que l'on vous fait paroître Sans le congé de ceux qui vous ont donné l'être? Sac liez que le devoir vous soumet à leurs lois , Qu il ne vous est permis d'aimer que par leur choix j Qu'ils ont sur voire cœur lautorité suprême, Et qu'il est criminel d'en disposer vous-même.
HENRIETTE
J. lends grâce aux bontés que vous me faites voir De m'enseigner si bien les choses du devoir. Mon cœur sur vos leçons veut régler sa conduite; Et pour vous faire voir, ma sœur, que j'en profite, Cliisndre, prenez soin d'appuyer votre amour De 'agrément de ceux dont j'ai reçu le jour. Faites-vous sur mes vœux un pouvoir légitime, Et me donnez moyen de vous aimer sans crime.
CLITANDRE
J'y vais de tous mes soins travailler hautement; Et j'attendois de vous ce doux consentement.
ARMANDE
Vous triomphez, ma soeur, et faites une mine A vous imaginer que cela me i !.agrine.
HENRIElTE.
Moi , ma sœur! point du tout. Je sais que sur vos sens Les droits de la raison sont toujours tout-puissants. Et que, par les leçons qu'on prend dans la sagesse. Vous êtes au-dessus d'une telle foiblesse. Loin de vous soupçonner d'aucun chagrin , je croi Qu'ici vous daignerez vous employer pour moi , Appuyer sa demande , et , de votre suffrage , Presser Iheureux moment de notre mariage. Je vous en sollicite; et, pour y travailler...
ARMANDE
Votre petit esprit se mêle de railler;
Et d'un cœur qu'on vous jette on vous voit toute fière.
HENRIETTE
Tout jeté qu'est ce cœur, il ne vous déplaît guère; Et , si vos yeux sur moi le pouvoient ramasser.
512 LES FlixMMES SAVANTES.
Us prendroient aisément le soin de se baisser.
ARM AN DE
A répondre à cela je ne daigne descendre ;
Et ce sont sots discours qu'il ne faut pas entendre.
HENRIETTE
C'est fort bien fait à vous, et vous nous faites voir Des modérations qu'on ne peut concevoir.