‹ uvres complètes de MolièreChapitre 404 sur 553 · SCÈNE III. - CLITANDRE, HENUIETTS · texte numérisé non relu

SCÈNE III. - CLITANDRE, HENUIETTS

HENRIETTE

Votre sincère aveu ne l'a pas peu surprise.

CLITANDRE

Elle mérite assez une telle franchise; Et toutes les hauteurs de sa folle fierté Sont dignes, tout au moins, de ma sincérité. Mais, puisqu'il m'est permis, je vais à votre père. Madame...

HENRIETTE

Le plus sûr est de gagner ma mère.

Mon père est d'une humeur à consentir à tout; Mais il met peu de poids aux choses qu'il résout; Il a reçu du ciel certaine bonté d'ame Qui le soumet d'abord à ce que veut sa femme. C'est elle qui gouverne, et, d'un ton absolu. Elle dicte pour loi ce qu'elle a résolu. Je voudrois bien vous voir pour elle et pour ma (aots Une ame. je l'avoue, un peu plus complaisante, Un esprit qui, ilattant les visions du leur. Vous pût de leur estime attirer la chaleur.

CLITANDRE

Mon cœur n'a jamais pu, tant il est né sincèro.

Même dans votre sœur flatter leur caractère ;

Et les femmes docteurs ne sont point de mon goû<.

Je consens qu'une femme ait des clartés de tout :

Mais je ne lui veux point la passion choquante

De se rendre savante afin d'être savante ;

Et j'aime que souvent, aux questions qu'on fait.

Elle sache ignorer les choses qu'elle sait :

De son étude enfin je veux qu'elle se cache ;

Et qu'elle ait du savoir sans vouloir qu'on le sache,

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