ACTE 11, SCL.NE Vil. o
Il put 1 éliaiigenienl son ancienneté.
BÉLirn.
I! est vrai que le mot est bien ca'lct monté.
• CnUYSALE.
Voulez-vous que je dise? il faut qu'enfin j'éclate, i}ue je lève le masque, et décharge ma rate : )e folles on vous traite, et j'ai fort sur le cœur..
PHILA.MIISTE.
Comment donc?
CHRYSALE, à Bclise.
C'est à vous que je parle, ma sœur moindre solécisme en parlant vous irrite; .lis vous en faites, vous, d'étranges en conduite. Vos livres éternels ne me contentent pas; Et, hors un gros Plutarque à mettre mes rabats. Vous devriez brûler tout ce meuble inutile. Et laisser la science aux docteurs dé la ville; M'ôter, pour faire bien, du grenier de céans, Celle longue lunette à faire peur aux gens. Et cent brimborions dont l'aspect importune ; Ne point aller chercher ce qu'on fait dans la lune, Et vous mêler un peu de ce qu'on fait chez vous, Où nous voyons aller tout sens dessus dessous. H n'est pas bien honnête, et pour beaucoup de causes. Qu'une femme étudie et sache tant de choses. Former aux bonnes mœurs l'esprit de ses enfants, Faire aller son ménage, avoir l'œil sur ses gens, Et régler la dépense avec économie.
Doit être son étude et sa philosophie.
Nos pères, sur ce point, étoicnt gens bien sensés, Oui disoient qu'une femme en sait toujours assez Quand la capacité de son esprit se hausse A connoitre un pourpoint d'avec un haut-de-chausse.
' Et noo il pue, comme le porlenl a tort les éditions modernes.
Ce présent se dérive de la forme pu»r, qui eil la primitive ; puer e>l mcIeriiN «C'est puir que sentir bon. > (ilonlai^no.)
Puer ou puir, vcrlie neutre. < On ne conjwgue point je pue, ni je puis, (.->:iime il semble qu on devroii conjuguer; mais je pui, m pus, il put.. >
(Tr vnux.)
Trévoux prouve qu'en 1740 la forme moderne n'avait pas enccro supplniité Vancienne complètement, et que jsuir «ubjittait toujours dau» le prés.'u'. de I lu. ^icatif. A plus forte raison, en 1672, Molière ne pouvait-il écrire, coniine le œetf lent cerlainci édiliODs:cIl ;/,: iiainicui (F. GcciD.J
Les leurs ue lisoienî point, mais dies vivoient bien ;
Leurs méuages étoient tout leur docte entretien ;
Et leurs livres, un dé, du fil et des aiguilles.
Dont elles travailloient au trousseau de leurs filles*.
Les femmes d'à présent sont bien loin de ces mœurs ;
Elles veulent écrire, et devenir auteurs.
Nulle science n'est pour elles trop profonde,
Et céans beaucoup plus qu'en aucun Heu du monde :
Les secrets les plus hauts s'y laissent concevoir,
Et l'on sait tout chez moi, hors ce qu'il faut savoir.
On y sait comme vont lune, étoile polaire,
Vénus, Saturne et Mars, dont je n'ai point affaire;
Et, dans ce vain savoir, qu'on va chercher si loin,
On ne sait comme va mon pot, dont j'ai besoin.
Mes gens à la science aspirent pour vous plaire,
Et tous ne font rien moins que ce qu'ils ont à faire.
Raisonner est l'emploi de toute ma maison,
Et le raisonnement en bannit la raison... !
L'un me brûle mon i"ôt, en lisant quelque histoire;
L'autre rêve à des vers, quand je demande à boire :
Enfin, je vois par eux votre exemple suivi,
Et j'ai des serviteurs, et ne suis point servi.
Une pauvre servante au moins m'étoit restée.
Qui de ce mauvais air n'étoit point infectée;
Et voilà qu'on la chasse avec un grand fracas,
A cause qu'elle manque à parler Vaugelas.
Je vous le dis, ma sœur, tout ce train-là me blesae;
Car c'est, comme j'ai dit, à vous que je m'adresse.
Je n'aime point céans tous vos gens à latin.
Et principalement ce monsieur Trissotin :
C'est lui qui, dans des vers, vous a tympanisée»;
Tous les propos qu'il tient sont des billevesées.
On cherche ce qu'il dit après qu'il a parlé;
Et je lui crois, pour moi. le timbre un peu fêlé.
'Le mot est bisloricgue, «( Moiiére Ta eiiipruDtë à Montaigne •€ A Vià^etiate, nous ei la theolo;;!» ue requérons pas beaucoup île science aux fcmmef : el François, duc de Breiayne, fils «le Jean V, comme on lui parla de son m^ria^ axec Isabcau, fille d Escosse, el qu'on lui adjousla qu'elle avoil esté Dourrse <im* plemeni et naas aulcime iiistruclion de lettres, respondlt « qu'il l'en aiinoit » niieuli, et qu'une femme eiloit assex sçavante quand elle sçavoit mettre diSa- > rencc entre la chemise el le pourpoioct de goo mary.» (fitatt, livre I, ctiap. uv. Voyes aussi Chevrtfatm, toine I, page 192, et le» Annale* de Boa» cSiek)