SCÈNE XI. — BÉLINE, dans h maison; ANGÉLIQUE
TOINETTE
BÉLINE.
Toinelle!
TOINETTE, à Angélique.
Voilà qu'on m'appelle. Bonsoir. Reposez-vous sur moi»
' Dans un parallèle foit ingénieux enli e te Malade imaijinatre el le Tartuffe ti. Pelilot a indiqué, pour la première Iojs, plusi' ms ra; |>oils entre la silualioii d Argao et celle d'Orgon. Ces deux personnages sont égarés par leur faiblesse ei leur crédulité; tous deux ont une tille qui doit être sacriliée; tous deux sont ccutredits par une suivante qui exerce un grand empire dans la maison; enlia tous deux sont mariés en secondes noce?, ei ont un frère honnête homme qui cm» uloie divers moyens pour les rameui-r à la raison. La situation est donc absolu» ment la même. Pour lui donner de la nouveauté, il a suffi à l'aïueur de cbanger :.;< passions des personnages, de peindre d'autres ridicules, el de creer d'autre s .jracleres ; c'est ce qu'il a fait d'une manière si heureuse, que jusqu'à ce jour 1? rsssemblaace desdeu» sitnatiitiis avoilécliappé i tout le^VoninniitMicuis..
(Aimé Muniu.k
PREMIER INTERMEDE.
Le tliéùire cli.inge, et représente une ville.
Poîklnnelle, dans la nuU, vient pour donner une sérénade à sa maîtresse. Il est interrompu d'abord par des violons contre lesquels il se met en colère, et ensuite par le i?uet, composé de musiciens et de danseurs.
POLICHINELLE, seul.
0 amnur, amour, amour, amour! Pauvre Polichinelle, quelle diable de faiilaisie t'cs-lu ailé mettre dans la cervelle? A quoi t'amuscs-tu , misérable insensé que lu es? Tu quilles le soin de Ion négoce, et tu laisses aller tes affaires à l'abandon ; tu uc manges plus, tu ne bois presque plus, tu perds le repos de la nuit; et tout cela, pour qui? Pour une dragonne, franche dragonne; une diablesse qui te rembarre, et se moque de tout ce que tu peux lui dire. Mais il n'y a point à raisonner là-dessus. Tu le veux, amour : il faut être fou comme beaucoup d'autres. Cela n'est pas le mieux du monde à un homme démon âge; mais qu'y faire? On n'est pas sage quand on veut; et les vieilles cervelles se dcmontent comme les jeunes. Je viens voir si je ne pourrai point adourir ma (igresse par une sérénade. 11 n'y a rien parfois qui soit ri louchant qu'un amant qui vient chanter ses doléances aux U'iids ol aux verrous de la porte de sa maitresse. (Après avoir pus son iiiih.) Voici de quoi accompagner ma voix. 0 nuit! ô vhère nuit! porte mes- plaintes amoureuses jusque dans le lit de mon inflexible.
Niiitp e ili V amo « v' adoro '.
Circn lin si pcr mio ristoro;
î~-i i pt jo u ji! V Ils aiuie et vous artnre» Si ciiric^e un Oui <jui me reataure;
PREMIER INTERMEDE.
Ma se voi dite di n6, Bella ingrala, io moriri).
Frà la sperauza
S' afni:;(> il ciiore, In lontanar.za Consuma I' hore; S) do'ce ingsnno Clie mi figura Brève 1' alTonno, Ahi! Iroppodnra!
i309i per tropi>o amar languisco e miio?o
Notte e dl »' amo e v' c-lor».
r.nrco lin s\ pei' mio risipro ; Ma se vol diie di no, Bella iugrai.i, io moriro.
Se non dormita, Almen pcnsaie A lie forile Ch' al cuor 111 i faie- Dek ! .'ilDien fin^ste, Per inio coi.lorio.
Se m' iicciili;te, D' havcr i! inrio :
7v">4tra pietà nii scemars il ni3rf !■
Mais si vous me répondez H^n , Belle ingrate, je mnnrrai.
Dans l'espéranco
Le cœur s'afBi^c,
Dans l'éloigneinent
Il ronsiime ses heure».
L'erreur si douce
Qiii tno perguaile
Que ma peine v;i finir,
Kclas! dure trop
liiisi, poiit trop aimer, je languis ei je nseï
rtiiit et jour je vons aime el vous adore. ]'■ chcrclie un Oui ipii me ref^.sure ;
Mais si vons me refusez, Belle ingrate, je mourrai.
Si vous ne dormex pas.
Au moins pensea i.ux blessures 'Jue vous failesà nnm tes*.
Ah! fifignez au rihImc.
Pour ma eoiisclalic :.
,Si vous me liiez, D'avoir ton ; 7olre pitié adoucira mos niasîyssa
Nottee ai v amo e v' adoro.
Cerco MO si per mio ristoro; Ma se \oi i^lile di dô, Bella JDgrata, io morirb*.