‹ uvres complètes de MolièreChapitre 512 sur 553 · ACTE 11, SCENE XI. 6aJ · texte numérisé non relu

ACTE 11, SCENE XI. 6aJ

ARGAN

Hé bien ?

LOUISON

Elle îui a dit : Sortez, sortez, sortez. Mon Dieu, «or tes; fous me mettez au désespoir.

ARGAN

Hé bien?

LOUISON

Et lai, il ne vouloit pas sortir.

ARGAN

Qu'est-ce qu'il lui disoit?

LOUISON

Il lui disoit je ne sais combien de choses.

ARGAN

Et quoi encore?

LOUISON

11 lui disoit tout-ci, tout-^a, qu'il l'aimoit bien; et qu'elle étoit la plus belle du monde.

AEGAN.

Et puis après?

LOUISON

Et puis après, il se mettoit à genoux devant elle.

ARGAN

Et puis après?

LOUISON

Et puis après, il lui baisoit les maint.

Et puis après?

LOUISON

Et puis après, ma belle-maman est venue à la port» . es il s'est enfui.

ARGAN

U n'y a point autre chose?

LOUISON

Non, mon papa.

ARGAN

Voiîà mon petit doigt pourtant qui gronde quelque chose. (Meitani soo doigt à son oreille.) Attendez. Hé ! Ah , ah ! Oui ? Oh , oh! Voilà mon petit doigt qui me dit quelque chose que vous avez vu, et que vous ne m'avez pas dit.

(i:i2 LE MALADE IMAGINAIRE.

tOUISOR.

Ah! mon papa, votre petit doigt est un menteur.

ARGAN

Prenez garde.

LOUISON

Non, mon papa; ne le croyez pas : il ment, je rous assure.

ARGAN

Oh bien, bien, nous verrons cela. Allez-vous-en ,, et prrnez bien garde à tout : allez. (Seul.) Ah ! il n'y a plus d'en faals! Ah! que d'affaires! Je n'ai pas seulement le loisir de songer à ma maladie. En vérité, je n'en puis plus.

(U se laisse tomber dans une chaise.)

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