‹ Œuvres complètes de Montesquieu, avec les variantes des premières éditions (volume 2)Chapitre 11 sur 245 · C'est réconomie politique · texte numérisé non relu

C'est réconomie politique

2. G.-F. Melon, premier commis de Dubois et de Law, mort en 1738. Dans son Essai, publié en 1734, il a fait reloge du système mercantile. Il est probable que Montesquieu lui a cmpninté plusieurs de ses idées, ou de ses erreurs, sur le commerce et sur le caractère de la monnaie.

législation qui rendroit les hommes les plus heureux , il contient tous les matériaux dont ce système devrait être formé. Plusieurs y sont déjà mis en œuvre, les autres y sont contenus; ils y sont, non comme les métaux et les pierres précieuses se trouvent dans leurs mines, séparés, et mêlés de matières hétérogènes : ici tout est pur , tout est diamant ou or. Ce qu'on y pourroit désirer ce seroit un ordre plus exact , qui formât de toutes ces parties un tout, qui n'en laissât pas quelques-unes briller hors de leur place , qui les appropriât toutes à Touvrage. Mais ce seroit alors ce système parfait de législation , qui ne sauroit être Touvrage des hommes.

Cette dispersion de matière fit dire à une personne de beaucoup d'esprit, * que V Esprit des lois n'étoit que de r£sprit sur les bis. Je ne sais si le titre que M. de Montesquieu a donné à son livre est celui qui lui étoit le plus propre; mais ce livre sera toujours celui qui contient ce qu'on pouvoit dire de mieux sur les lois.

Il est tel ouvrage composé dans les universités, auquel un enchaînement de propositions a donné un air de profondeur et de méthode, qui ne vaut pas un seul chapitre du livre de l'^^prit des lois, où après avoir traité longuement et pesamment des matières que M. de Montesquieu a épuisées, en ne paroissant que les effleurer, on ne les a qu'à peine effleurées. Et quant à ce prétendu ordre que ces auteurs ont cru mettre dans leurs ouvrages, ce n'est le plus souvent que parce qu'ils ne voyoient pas si bien que M. de Montesquieu , qu'ils ont lié des choses qu'il a laissées séparées.

Nous ne dissimulerons pas qu'il nous semble que M. de Montesquieu, pour expliquer les causes des variétés qu'on observe dans les mœurs des diff'ércnts peuples, dans leurs lois , dans leurs formes de gouvernement , dans leur religion même, avoit trop donné au climat, au degré de chaleur, à l'air qu'on respire, aux aliments dont on se nourrit, et que quel-

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