‹ Œuvres complètes de Montesquieu, avec les variantes des premières éditions (volume 2)Chapitre 8 sur 245 · La reine Anne · texte numérisé non relu

La reine Anne

• L'abbé de Rolhelio, dit-on.

dans celle de M. de Montesquieu. Ce fut là qu'en méditant sur les ressorts de ce gouvernement qui réunit à la fois tant d'avantages qui paroissent incompatibles, M. de Montesquieu trouva ce qui pouvoit lui manquer de matériaux pour les grands ouvrages que contenoit son esprit.

Dès qu'il fut de retour en France, il se retira à la Brède pour jouir du fruit de ses travaux, et bien plus encore des richesses de son propre fonds. Là, pendant deux ans, ne voyant que des livres et des arbres, plus à lui-môme, et par conséquent plus capable de tout, il écrivit ses Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence, qui parurent en 1733.^ Il avoit eu dessein d'y joindre un livre sur le gouvernement d'Angleterre qui étoit fait alors ; quelques réflexions Ten détournèrent, et ce livre, excellent partout, a trouvé cependant une place encore plus convenable dans VEsprit des lois. *

Le sucoès du livre sur les Romains ne pouvoit manquer d'encourager encore un homme rempli de tant de grandes choses. M. de Montesquieu ne voyoit plus qu'un ouvrage à faire ; mais quelque étendue qu'eussent ses lumières et ses vues, elles lui semblolent s'y perdre : il ne se croyoit point capable de l'exécuter : ses amis, qui connoissoient mieux ce qu'il pouvoit que lui-même, le déterminèrent. Il travailla à VEsprit des Lois, et en 17 [|8 cet ouvrage parut.

J'ai remis jusqu'ici à parler des ouvrages de M. de Montesquieu, parce que les autres n'ont été, pour ainsi dire, que le commencement de celui-ci. G'étoient comme les degrés de ce magnifique temple qu'il élevoit à la félicité du genre humain. Quel bonheur qu'un homme si propre à porter la lumière partout se soit uniquement appliqué à la science la plus utile de toutes!

Nous ne craindrons point de regarder ici comme apparte-

i. En 1734, à Amsterdam, chez Desbordes.

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