Jules César
une cause impie, et une victoire encore plus honteuse, ne confisqua pas seulement les biens des particuliers, mais enveloppa dans la môme calamité des provinces entières K
Sylla, quittant la dictature *, avoit semblé ne vouloir vivre que sous la protection de ses lois même : mais cette action, qui marqua tant de modération, étoit elle-même une suite de ses violences. Il avoit donné des établissements à quarante-sept légions, dans divers endroits de l'Italie. Ces gens-là, dit Appien, regardant leur fortune comme attachée à sa vie, veilloient à sa sûreté, et étoient toujours prêts à le secourir ou à le venger '.
La république devant nécessairement périr, il n* étoit plus question que de savoir comment, et par qui elle devoit être abattue ^.
Deux hommes également ambitieux, excepté que l'un ne savoit pas aller à son but si directement que l'autre, effacèrent, par leur crédit, par leurs exploits, par leurs vertus, tous les autres citoyens. Pompée parut le premier ; César le suivit de près.
Pompée, pour s'attirer la faveur, fit casser les lois de Sylla qui bornoient le pouvoir du peuple : et, quand il eut fait à son ambition un sacrifice des lois les plus salutaires de sa patrie, il obtint tout ce qu'il voulut ; et la témérité du peuple fut sans bornes à son égard.
Les lois de Rome avoient sagement divisé la puissance publique en un grand nombre de magistratures, qui se soutenoient, s'arrétoient, et se tempéroient l'une l'autre : et, comme elles n'avoient toutes qu'un pouvoir borné,