LIVRE VI, CHAPITRE H
^St
etflurlMtàeetaiip» le donne, c'est de plaider de* vint un tribunal (dutôt que devant un autre. Voilà de nouvelles affîdres ; c'es^à-dire celles où il s'agit desavoir devant quel tribunal il faut plaider. ; Les peuples des Étau despotiques sont dans un eas bien diffîiest. Je ne sais sur quoi, dans ces ' pays, le législateur pourrait statuer, ou le magis- • tnt juger. U suit de ce que les terres appartiennent aa prince, qu'il n'y a presque point de lois civiles nir la propriété des terres. U suit du droit que le souverain a de succéder, qu'il n'y en a pas non plus sur les successions. Le négoce exclusif qu'il £iit dans quelques pays rend inutiles toutes sortes de lois sur le commerce. Les mariages que l'on y contracte avec des filles esclaves font qu'il n*y a gukede lois civiles sur les dots et sur les avantages des femmes. U résulte encore de cette prodigieuse multitude d'esclaves qu'il n'y a presque point de gens qui aient une volonté propre, et qui par conséquent doivent répondre de leur conduite devant un juge. La plupart des actions morales, qui ne sont que les volontés du père, du mari, du maître, se règlent par eux, et non par les magistrats.
Toubliais de dire que ce que nous appelons l'honneur étant à peine connu dans ces États , toutes les afiEaires qui regardent cet honneur, qui est un si grand diapitre parmi nous, n'y ont point de lieu. Le despotisme se suffit à lui-même : tout est vide autour de lui. Aussi lorsque les voyageurs nous décrivent les pays où il règne , rarement nous parlent-ils des lois civiles *.
Toutes les occasions de dispute et de procès y sont donc ôtées. Cest ce qui fait en partie qu'on y maltraite si fort les plaideurs : l'injustice de leur demande parait à découvert, n'étant pas cadiée , paUiée ou protégée par une infinité de lois *.