LIVRE Xm, CHAPITRE XX
parce qo'on poa?ait saj^poser un complot frauda- l lem de leur part : mais où a-t-on pris que, sur dit sopposHiom , il Mie établir une chose injuste ptr dle-méme et nihieasepour rEtat?
GHAPTTRE XIX.
QaTest-ee qui est plus eonTenable au prince et au peuple , de la ferme 00 de la régie des tributs ?
La régie est fadministration d*nn bon père de €HmHe qui lère lui-même avec économie et avec ordre ses rerenus.
Par la régie, le prince est le maître de presser eu de retarder la leréedes tributs, ou suivant ses besoins, ou sumut ceux de ses peuples. Par la régie, il épargne à FÉtat les protts immenses des ' fermers, qui Tappauvrissent d'une infinie de manières. Par la régie, il épargne au peuplele spectacle des fortunes subites, qui faffligent. Par fa r^ie, Pargent levé passe par peu de mains ; il va directement au prince , et par conséquent revient plus promptement au peuple. Par la régie , le prince épargne au peuple une infinité de mauvaises lois qifexige toujours deluiravarice importune des fermiers, qui montrent un avantage présent dans des règlements funestes pour Favenir.
Conune celui qui a Targent est toujours le maftrede Fautre , le traitant se rend despotique sur le prince même : il n'est pas législateur, mais il le force à donner des lois.
Tavoue qu'il est quelquefois utile de commencer par donner à ferme un droit nouvellement établi. Il 7 f a un art et des inventions pour prévenir les fraudes que Fintérét des fermiers leur suggère , et que les régisseurs n'auraient su imaginer : or, le système de la levée étant une fois fait par le fermier, on peut avec succès établir la régie. En Angleterre , Fadministration de Faccîse et du revenu des postes , telle qu'elle est aujoord'hiri, a été empruntée des fermiers.
Dans les républiques, les revenus de FÉtat sont presque toujours en régie. L'établissement contraire fut un grand vice du gouvernement de Rome >. Dans les États despotiques , où la r^e est établie, les peuples sont infiniment plus beureux : témoin
■ César fut obUgft d*Mar les pobHcains de la provlnoe d'Asie, et d*y étabUr one autre aorte d'administraUon, oomme dous rameacMH de DIod. Et Tacite nom dit que la Macédoine et TAdiale, frovinees qu'Auguste avait laissées au peuple robmIb, elqûl, par ecNsaéqaent, étatent gouremées sur Pancien plan, obtinrent d'être do nombre de oeffes que l'empereur fouveroalt par ses officiers.
la Perse et la Chine <. Les plus malheureux sont ceux où le prince donne à ferme ses ports de mer et ses villes de commerce. L'histoire des monarchies est pleine des maux faits par les traitants.
Néron, indigné des vexations des publicains, forma le projet impossible et magnanime d'abolir tous les impôts. Il n'imagina point la régie ; il fit * quatre ordonnances : que les lois faites contre les publicains, qui avaient été jusque-là tenues secrètes , seraient publiées; qu'ils ne powraient plus exiger ce qu'ils avaient négligé de demander dans l'année; qu'il y aurait un préteur établi pour juger leurs prétentions, sans formalité; que les marchands ne payeraient rien pour les navires. Voilà les beaux jours de cet empereiv.