LIVRE XXIÏI, CHAPITRE XXIV
tien eij^esse des privilèges et des honneurs que les Eomains païens araient aceordés aux mariages et au nombre des enfants; mais, là où le célibat avait la prééminence , il ne pouvait plus y avoir d'honneur pour le mariage; et , puisque Ton put obliger les traitants à renoncer à tant de profits par Fabolltion des peines, on sent qu'il ^t encore plus aisé d'ôter les récompenses.
La même raison de 6|nritualité qui avait &it permettre le célibat imposa bientôt la nécessité du célibat même. A Dieu ne plaise que je parle ici contre le célibat qu*a adopté la religion! mais qui pourrait se taire contre celui qu*a formé le libertinage ; celui où les deux sexes , se corrompant par les sentiments naturds mêmes , fuient une union qui doit les rendre meilleurs pour vivre dans celle qui les rend toujours pires?
Cest une règle tirée de la nature que, plus on diminue le nombre des mariages qui pourraient se faire, plus on corrompt ceux qui sont fiaits : moins il y a de gens mariés, moins il y a de fidélité dans les mariages : comme , lorsqu'il y a plus de voleurs, il y a plus de vols.