‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 626 sur 975 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Dn changement de religion.

Un prince qui entreprend dans son État de détruire ou de changer la religion dominante, s'expose beaucoup. Si son gouvernement est despotique, il court plus de risque de voûr une révolution que par quelque tyrannie que ce soit , qui n'est jamais , dans ees sortes d'États, une chose nouvelle. La révolution vient de ce qu'un État ne change pas de religion , de moeurs et de manières dans un instant , et aussi vite que le prince publie l'ordonnance qui établit une religion nouvelle.

Déplus , la religion ancienne est liée avec la constitution de l'État, et la nouvelle n'y tient point : celle-là s'accorde avec le climat, et souvent la nouvelle s'y refuse. Il y a plus : les citoyens se dégoûtent de leurs lois; ils prennent du mépris pour le gouvernement d^à établi; on substitue des soupçons contre les deux religions, à une ferme croyance pour une; en un mot, on donne à l'État , au moin:^ pour quelque temps, et de mauvais citoyens, et dj mauvais fidèles.

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