‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 661 sur 975 · CHAPITRE ni · texte numérisé non relu

CHAPITRE ni

Différence capitale «atre les lois safiques et les lois des Wisigoths et des Bourguignons.

Tai dit " que la loi des Bourgufgnons et celle des Wisigoths étaient impartiales ; mais la loi salique ne le fut pas : elle établit entre les Francs et les Romains les distinctions les plus affligeantes. <2uand '* on avait tué un Franc, un barbare ou

< De Betto GaOieo, Ifl). YI.

* liv. I , form. 8.

3 Cbap. xxxL

4 CelaideClota{re,deraii660,daiMréditloDdeftCapituUires deBaluze,tomeI,art4; »dttf . in fine.

* Capitulaires Routés à la loi des Lombards , llv. I , titre 2&, chap. Lxxi; liv. n, ttt 41 , chap. vn; et tit 66, cbap. i et u.

•ibûtliv. n,ttt6.

* Ibid, liv. n , tit. 7, cbap. i.

* Ibid. cbap. n.

9 /Mil. tit 36, cbap. n.

«« Dans la lot <2et Lombordê, Uv. n, tit 67.

*^ A.n cbapitie I de ce livrei

<< JMta/>giM,tit4S,gl.

un homme qui vivait sous la loi salfqoe , on pajrair à ses parents une compositioD> de 200 sous; ci» n'en payait qu'une de 100 , lorsqu'on avait tué ua Romain possesseurs et seulement une de- 45^ quand on avait tuéua Romain tributaire; la eom^ position pour le meurtre d'un Franc, vassal * da roi, était de 600 sous; et celle du meurtre d'an Romain, convive ^ du roi 4, n'était que de 800. Elle mettait donc une cruelle différence entre le seigneur franc et le seigneur romain, et entre le Franc et le Romain qui étaient d'une conditioamé-diocre.

Ce n'est pas tout : si Ton assemblait^ du monder pour assaillir un Franc dans sa maison, et qu'on le tuât, la loi salique ordonnait une composition de 600 sous; mais si l'on avait assailli un Romain ou un affranchi^, on ne payait que la moitié de la composition. Par la même loi 7, si un Romain en* chaînait un Franc, il devait 30 sous de composition ; mais si un Franc enchaînait un Romain, il n'en devait qu'une de 15. Un Franc, dépouillé, par un Romain, avait 62 sous et demi de composition; et un Romain, dépouillé par un Franc» n'en recevait qu'une de 30. Tout cela devait être accablant pour les Romains.

Cependant un auteur célèbre > forme un sys-^ tème de l'établissement des Francs dans les Gaules^ sur la présupposition qu'ils étaient les meilleurs amis des Romains. Les Francs étaient donc les meilleiurs amis des Romains, eux qui leiur firent ,. eux qui en recurent des maux efi&oyables 9 ? Lea Francs étaient amis des Romains, eux qui, après les avoir assujettis par les armes, les opprimèrent de sang-froid par leurs lois? Ils étaient amis des Romains , comme les Tartares, qui conquirent la Chine, étaient amis des Chinois.

Si quelques évêques catholiques ont voulu se servir des Francs pour détruire des rois ariens , s'ensuit-il qu'ils aient désiré de vivre sous des peuples barbares? En peut-on conclure que les Francs eussent des égards particuliers potir les Romains?

■ Qui re$ in pago uhi retnanet proprias hàbet. {Loi aàiiqne, tit 43, g 7.) * <^' m irutie dominiea est. {Loi salique, tit tô, g 4.)

3 Si Tomanus homo conviva reffis/uerit. {Ibid. g 6.)

4 Les priDdpaaz Romains s*attachaieiit à la cour, comme oa le voit par la vie de plusieurs évdques qui y furent élevés. U n*jr avait ^lère qœ les Romains qui sussent écrire.

» Ibid. Ut M, g I.

« Xûf us, dont U condition étatt meUleare que ceUe da sait {Loi des AlUtnands, cbap. xcv.) ' Tit 34, g S et 4.

> L'abbé Dubos.

9 Témoin rexpéditiond'Arbogaste, dans Grégoire de Tôan,

Histoire, liv. H.

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