LIVRE XXX
Les compilateurs des lois saliques citent un ancien usage des Francs ' , par lequel celui qui avait exhumé un cadavre pour le dépouiller, était banni de la sodété des hommes jusqu'à ce que les parents consentissent à Vy faire rentrer; et conune avant ce temps il était défendu à tout le monde, et à sa femme même, de lui donner du pain ou de le recevoir dans sa maison , un tel honune était à regard des autres, et les autres étaient à son égard, dans Fétat de nature, jusqu'à ce que cet état eût cessé par la composition.
A cela près, on voit que les sages des diverses nations barbares songèrent à faire par eux-mêmes ce qu'il était trop long et trop dangereux d'attendre de la convention réciproque des parties. Ils furent attentif à mettre un prix juste à la composition que devait recevoir celui à qui on avaft fait quelque tort ou quelque injure. Toutes ces lois barbares ont là-dessus une précision admirable : on y distingue avec finesse les cas * , on y pèse les circonstances ; la loi se met à la place de celui qui est offensé, et demande pour lui la satisfaction que dans un moment de sang-froid il aurait demandée lui-même.
Ce fut par l'établissement de ces lois que les peuples germains sortirent de cet état de nature où il semble qu'ils étaient encore du temps de Tacite.
Rotharis déclara, dans la loi des Lombards, qu'il avait augmenté les compositions de le coutume ancienne pour les blessures, afin que, le blessé étant satisfait, les inimitiés pussent cesser 3. En effet, les Lombards, peuple pauvre, s'étant enrichis par la conquête de l'Italie, les compositions anciennes devenaient frivoles , et les réconciliations ne se faisaient plus. Je ne doute pas que cette considération n'ait obligé les autres chefs des nations conquérantes à faire les divers codes de lois que nous avons aujourd'hui.
La principale composition était celle que le meurtrier devait payer aux parents du mort. La différence des conditions en mettait une dans les compositions 4 : ainsi, dans la loi des Angles, la composition était de six cents sous pour la mort d*un adalingue, de deux cents pour celle d'un bomme libre, de trente pour celle d'un serf. La
■ Lm taUque, tit Lvn, g 5; tit xvii, g 3. s Toyez snrtoat les titres in , nr, ▼, vi et vn de la Im taligme, qoi regardent les vols des aniinaax.
* Uv. I,tn.yn, g 15.
* yoytt\àloidetj4ngUt,m, I, g 1,3,4; tftûf.tlt V,g6; iMioidê» Bavarois, Ut I , chap. vm et ix ; et la /ot det Pri-
90MS, tit XV.